Hackathon, design sprint, mentorat, comment repenser le recrutement pour féminiser la tech

En déficit de compétences, le secteur de la tech doit plus que jamais convaincre les femmes qu’elles y ont toute leur place ! Changer les méthodes de recrutement peut permettre de mieux faire émerger les talents au féminin.

>> Par Yvon Moysan, Président fondateur de Hussar Academy

Le monde de la tech fait face à un défi humain. Alors que le numérique est omniprésent et que toutes les entreprises ont besoin de plus en plus d’experts pour l’utiliser au mieux, de nombreux talents manquent à l’appel. Le secteur ne forme pas assez de spécialistes pour répondre aux besoins en termes de cybersécurité, de modernisation des méthodes de travail ou encore d’exploitation de l’intelligence artificielle.

Il existe pourtant un véritable vivier de compétences que les entreprises ont tout intérêt à attirer vers les métiers du numérique. Les femmes représentent aujourd’hui moins d’un quart des employés du secteur technologique. Il y a donc urgence à rééquilibrer la balance, et pour cela, à revoir les méthodes de recrutement.

Une heure d’entretien ou 48 heures d’immersion ?

L’entretien classique n’est en effet pas toujours la manière la plus adaptée pour identifier le meilleur profil, car il ne permet pas forcément de mettre en valeur les qualités réelles des candidats.

Les organisations ont tout intérêt à s’inspirer des hackathons et à mettre en place des design sprints pour dénicher les bonnes personnes. L’idée est de proposer aux candidats ou à des étudiants de relever en 48 heures un défi en lien avec une problématique réelle de l’organisation.

En ajoutant une immersion de deux jours dans l’entreprise ou dans un lieu inspirant autour d’un projet concret, en complément de l’entretien classique de recrutement, l’entreprise peut réellement constater les capacités d’un candidat et valider tant les hard skills que les soft skills.

Les organisations ne doivent en effet pas recruter que sur les seules compétences techniques, mais aussi sur la créativité, la capacité à travailler en équipe ou encore à communiquer sur la marque employeur.

Combattre le syndrome de l’imposteur

Pour revenir plus précisément sur notre problématique de féminisation des métiers, cette méthode présente également un avantage pour les candidates. Ces dernières sont en effet bien plus souvent que leurs homologues masculins sujettes au syndrome de l’imposteur et risquent davantage de se dévaluer en entretien. Le fait de s’impliquer sur une durée plus longue dans un projet leur permet de démontrer plus facilement leurs qualités.

Autre avantage, l’immersion au sein des équipes favorise également le mentorat, très important dans un secteur où les étudiantes manquent de modèles. Les jeunes professionnelles peuvent être au contact de salariées présentes en tant que coach ou membre du jury auxquelles elles pourront plus facilement s’identifier et qui pourraient les aider à s’épanouir dans un monde où les femmes sont sous-représentées.

C’est donc une méthodologie « gagnante-gagnante ». Les entreprises découvrent des profils plus en adéquation avec leurs attentes et les candidates sont dans un environnement plus favorable qui les incite davantage à choisir la voie du numérique.

Pour un monde numérique juste et équitable

De manière plus générale, le design sprint est un bon moyen pour les entreprises de renforcer la diversité et de gagner en attractivité. À l’heure où les nouvelles générations sont en quête de sens dans leur travail, c’est une opportunité de leur offrir un défi à relever qui corresponde à leurs aspirations et ainsi de valoriser les engagements et les valeurs de la société.

Pour un acteur de l’énergie par exemple, il sera aujourd’hui bien plus facile d’attirer de nouveaux talents en leur soumettant un défi sur la décarbonation et les énergies alternatives qu’en misant sur l’attractivité de la filière.

Cette diversité de talents est indispensable à plusieurs titres. Parce que le numérique manque tout simplement de bras, comme nous l’avons souligné, mais aussi parce que le monde a besoin d’un écosystème numérique juste et équitable. Les algorithmes d’intelligence artificielle alimentent de plus en plus de traitements de données, qui eux-mêmes influencent une multitude de décisions dans les entreprises ou les administrations. Et ces algorithmes sont aujourd’hui très majoritairement développés par des hommes. La féminisation de l’IA est donc un enjeu primordial pour bâtir une société dans laquelle le numérique sera un vecteur d’égalité.

Plus de diversité pour plus d’innovation

Il n’est évidemment pas question ici de créer une opposition homme/femme, mais bien de promouvoir la diversité comme un bénéfice pour notre société comme pour les entreprises. Les organisations qui réussissent sont celles qui associent les compétences, les expériences, les cultures et les personnalités les plus diverses, car ce sont celles qui disposent de la vue la plus étendue pour trouver des solutions innovantes à tous les défis auxquelles elles sont confrontées !

Si vous souhaitez en savoir plus sur la manière de susciter de nouvelles vocations dans les filières du numérique, je vous propose de vivre l’expérience Hackathon Hussar Academy en participant au Festival Science InFuze, du 28 au 30 mars 2025.

Yvon Moysan

About the Author: Yvon Moysan

Président fondateur de Hussar Academy